Personnel

 

 

 Il y a des chansons plus ou moins « universelles », plus ou moins personnalisées. Celles qui sont regroupées ici comportent des détails qui ne pourront pas tromper : jeune homme synesthète, en villégiature à Malans (70), ayant sœur cadette malicieuse, et cicatrice au poignet !

L'été à Malans

 

Malans, fin du printemps, c’est poussiéreux
La maison sent l’ matin pluvieux
Quelques fantômes perturbent le silence
Quelques grincements rappellent les absences
Qui viendra réchauffer l’ambiance ?

14 Juillet, une fois pas an
Malans s’anime, c’est stupéfiant

On voit sortir tous les p’tits vieux
Monsieur le Maire sort le grand jeu
Pompeux discours comme il se doit
En débouchant quelques bouteilles de choix
Et la kermesse l’après midi
Les gaufres, les quilles, selon l’envie
Minouche me cause de la guerre de 100 ans
Oh la fête est bon enfant

Reste enfin le feu d’artifice
Le cantonnier fait son office
Mais y a beaucoup d’humidité
Et pas mal de pétards mouillés
Tant pis l’essentiel c’est de s’émerveiller
oh la belle bleu

Et l' reste du temps, l’été, l'été à Malans...
Je regarde passer les fourmis

Les fourmis fourmillent inlassablement
Imperturbablement,
L’été passe à Malans,
Malans, le temps on l’entend tiquer
Aux cloches du clocher
Aux horloges de Papa,
Que je remonte parfois
Mais pas souvent

L’été, le pont, c’est le centre-ville
Sous l’quel l’Ognon déroule tranquille
Inconnus, habitués défilent
Là y a moi en tailleur qui songe
Et puis y a les frimeurs qui plongent
Tandis que pour leur premier saut
Piqués au vif par les moqueries
Les tous p’tits flippent parce que c’est haut
J’en sais quelque chose, j’en f’sais partie.

Parfois comme une apparition,
Trotte la fille sur son canasson
Lointaine indifférente,
P’têt un brin condescendante
Les touristes, tout ça tout ça
Autant regarder passer les fourmis…

Les fourmis fourmillent inlassablement
Franch’ment c’est fascinant,
La quiétude de Malans,
Malans, le temps on l’entend tiquer
C’est la seule chose à bouger
Dans les horloges de Papa,
Que je remonte parfois
Quand j’ai le tps !!!

Un dernier mot sur mes ballades la nuit
Qui font frémir tous mes amis
Au p’tit cimetière sans fantaisie
Perché là-haut sur la route de Bard
Apaisant les chagrins dans le noir
Là où est enterré Papi
Avec toute sa mélancolie
Là où est enterrée Mamie
A deux pas des portes du paradis…
Bon an, Malans, Paradis ?



Synesthète

Une explication est en général nécessaire pour expliquer ce qu'est au juste la synesthésie (non, ce n'est pas une maladie ! ;) : en gros, des connexions neuronales inhabituelles qui font associer inconsciemment à celui qui en est porteur deux sensations absolument indépendantes pour le commun des mortels (dans mon cas, des couleurs - toujours les mêmes - accompagnent ma perception de chacun des chiffres et des voyelles). Voir ici pour le détail.

 

Ma chérie, je suis synesthète
Je ne voudrais pas que ça t’inquiète
Je l’ai appris sur internet
C’ n’est pas grave, je suis synesthète

Comment te dire la poésie
D’un chiffre, une lettre, tout en couleur,
Qui déclinent une gamme-fantaisie
Et habillent les mots enjôleurs

Si Céline rime avec divine, coquine, maligne
C’est aussi que dans ton prénom
Un « i », l’ensemble, illumine
D’un éclatant jaune citron

Ma Chérie, je suis synesthète
Non, non, pas un « syn » ou un « stète »
En un mot seulement synesthète
Et je vois bien que ça t’inquiète
En un mot seulement synesthète
Et je vois bien que ça t’inquiète

 

Et puis si tu veux en débattre
Mieux vaut vraiment que tu sois née
En 1984
Variant les oranges sublimés

Car vois-tu, c’est un fait certain,
Je n’aurais pas bien supporté
Un 99 malsain
Dans les marrons cacas foncés

Ma Chérie, je suis synesthète
Non tu m’ mettras pas à la diète
Ne te mets pas martel en tête
C’n’est pas grave, je suis synesthète
Ne te mets pas martel en tête
Non tu m’ mettras pas à la diète

 

C’est sûr qu’en feuilletant les factures
Certaines sommes donnent le cafard
Pour toi c’n'est qu’un jeu d’écriture
Moi les chiffres donnent des idées noires

 

Au fond d’mes circuits cérébraux
S’immiscent de grands feux d’artifice
C’est comme quand j’ouvre le dico
Jaillit un arc-en-ciel complice

Ma Chérie je t’en prie arrête
Ça n’ sert à rien que tu t’inquiètes
Ça va tourner en vinaigrette
J’ai grandi comme ça synesthète
Ça va tourner en vinaigrette
Ça n’ sert à rien que tu t’inquiètes

Enfin pour notre futur bambin
J’ai un critère supplémentaire
J’aimerais éviter Lucien
Pour des questions de luminaires

Comme on dit : les goûts, les couleurs
J’ajouterai surtout les couleurs
Elles donnent du goût à mon bonheur
Crépitent des pétards de saveurs
Pétillent des pastilles de couleurs
Scintillent des palettes de fleurs
Clapotent des pigments barbouilleurs
Leurs mélanges font une clameur
Dans ma tête…



Hey grand frère

Il s'agit d'un duo entre le grand frère et la petite sœur (en italique). On a un peu vieilli depuis :)

 

 

Hey grand frère qu’est ce que tu dirais d’ça :
On f’rait un duo, une chanson à 2 voix !
Hey p’tite sœur on parlerait de quoi ?
Balance un sujet, une idée, on verra…
Hey grand frère le compositeur c’est toi.
Creuse toi les méninges, démerdes toi !

Ok super…

Hey p’tite sœur, à chaque fois que je t’ revois
T’es dev'nue une petite femme, j’en reste coi.
Hey grand frère mais tu te fiches de moi
J’ai pas grandi d’un coup comme ça
C’est quand même pas ma faute à moi
Si je suis parti si tôt là-bas
Que j' te voyais une fois tous les 3 mois
Ben c’est plus maintenant que ça s’arrangera…

Hey p’tite sœur quand tu minaudes comme ça
Ça doit faire des ravages dans les rangs des gars
Hey grand frère mais ça t’ regarde pas
Tu f’ rais mieux de trouver une nana
Hey p’tite sœur mais je ne fais que ça
Le truc c’est qu’ chui pas Casanova
Hey grand frère tu t’y prends comme un pied
Laisse-moi faire je vais t’ montrer

Carrément ?

Hey p’tite sœur ça fait quelle impression
D’avoir été seule fille parmi 3 garçons
Hey grand frère mais c’était plutôt bon
Un garçon c’est t’jours un peu couillon
L’air de rien je m’suis faite chouchouté
Et vous, bonnes poires, vous avez marché
T’oublies que nous aussi on t’a bien taquiné
Une petite sœur naïve à faire enrager

Exemple :

Hey p’tite sœur quand tu veux tu l’auras
Ton permis t' sais pas conduire ou quoi ?
Hey grand frère c’t’ argument y vaut pas
J’ai fini par l’avoir à la 3ème fois
Faut dire que depuis ton très bien au bac
Question exam on a du mal à te croire en vrac
Hey les grands frères, jamais je m’suis vanté
Le bac c’était facile j’ai pas forcé.

Oui c'est bien ce que je dis !

Hey grand frère mais pourquoi tu m’expliques
L’histoire du Saint Empire Romain Germanique
Je commence à combler ta grandiose ignardise
Tu m’intéresses pas j’en veux pas d’ tes bêtises
Hey p'tite sœur, qu’est ce tu fais de la culture
Ah elles sont belles les élites futures
Tu sais ce qu’on dit : culture et confiture ?
Plus t’en a, plus t’étales, moins t’assures…

 

C'est pas plutôt "moins t'en a" ?


Hey grand frère t’as enfin décidé
D’avoir des chaussures classes, et de bien t’habiller ?
Hey p’tite sœur mais t’es une vraie bourrique
J’ai choisi le confort avant l’esthétique
C’est sûr que tes p’tites robes ont une coupe parfaite
Mais le nombril a l’air les soirées sont frisquettes…  
Mais je suis en train de dire que tu t’améliores !
Bientôt un gentleman, encore un effort, encore, encore, encore…

Hey p’tite sœur quand tu chantonnes comme ça.
Je suis sous le charme, surtout ne t’arrêtes pas…
Hey grand frère quand tu grattouilles comme ça
Ta guitare, j’adore, j’en suis gaga
Mais grand frère pour qui tu m’fais passer
Au mieux pour une ptite peste, c’est même pas vrai…
Hey p’tite sœur c’était pour la bonne cause
Fallait du croustillant au moins à petite dose.



Qui mal assure

Paroles de sagesse notées à chaud.

 

Qui mal assure l'escabeau
Pour quelques temps devient manchot
Qui trop fait du zèle apicole
Ramasse des côtes qui flageolent
Et souffre à mort quand il rigole


On déménage

Une chanson écrite en 2007 qui mériterait une sévère mise à jour, mais le principe est bon :)

 

18 ans bac en poche
La fac est pas toute proche.
On dit by-bye aux parents
Pour une chambre d’étudiant
Bonjour les incertitudes
Et c’est parti pour les études

Alors on déménage
Quelques maigres bagages
Pour commencer sa vie
Dans une chambre pourrie

Mais bon, c’est que le premier jalon
Les fuites dans le plafond
Les p'tits désagréments
Rien de décourageant

Partez donc à l’étranger :
C’est ce qu’on nous avait prôné
Erasmus c’est le panard
Une orgie à chaque soir
En attendant la galère
Pour remplir les formulaires

 

C’est la grande expédition

On déménage
On rassemble son courage
Les parents affolés
Faut nous entendre baragouiner.
euh was ? Ich verstehe nicht… nochmals ?
Mais bon faut dire qu’on l’a voulu
Et puis leur cité U
Elles sont bien moins austères
Qu’nos ghettos universitaires

Les études terminées…
Bon ça a un peu duré !
Les tests, les entretiens,
Tout ça pour… rien ?
Si ! Mais pas trop le choix,
C’est à Trifouillis-les-Oies

Alors on déménage
Voir d’autres paysages
Pas forcément ceux
Qu’on appelait de nos vœux…
Mais bon, au moins l’appartement
Est d’jà nettement plus grand
Plus qu’une cage à lapin
Pourvu qu’on s’y sente bien !

2 ans, 5 ans c’est long
Cf. tête du patron
Surtout qu’ les amis s’cassent
La routine patine, lasse…
Ras-le-bol du décor
On veut vivre plus fort

Alors on r’déménage
On veut tourner la page
Aller goûter ailleurs
Si la soupe est meilleure
Mais non, c’est toujours l’mêm’ bouillon
On s’ fait des illusions
Partout ici tout le temps
Toujours à contretemps

Et alors quand est-ce qu’on emménage ?
Qu’on pose son paquetage
Parce qu’emballer, déballer,
Ça commence à faire… suer