Fleur bleue

 

 

Depuis au moins 4 millénaires que l'amour et ses dérivés sont chantés sur tous les tons, quand probablement au moins les 3/4 de la production phonographique française tournent autour, pas facile de proposer quelque chose d'un tant soit peu original sur ce thème... mais j'y suis quand même allé de quelques couplets !

Ma merlette rieuse

Tu es ma cascadeuse des zygomatiques
Ma merlette rieuse, ma p’tite musique

Quand tu ris
Tu vibres tout ton corps
Et moi… Moi j’en fais des accords

Dans ton rire
Un peu d’Hiroshima
Une enfantine joie

Quand tu ris
Tu lâches les chevaux
Direct… Moi j’accoure au trot

Dans ton rire
Une gerbe d’étincelle
Sous des dehors de flanelle

Tu es ma cascadeuse des zygomatiques
Ma merlette rieuse, ma mélodique

Quand tu ris
Qui c’est que tu séduis
J’en veux… J’en veux pour moi aussi

Dans ton rire
Perlent des notes de blues
Et des sirènes jalouses

Quand tu ris
Tu claques les drapeaux
Patriotes… Enlevez vos chapeaux

Dans ton rire
Comme un retranchement
Un genre de déguisement

Tu es ma cascadeuse des zygomatiques
Ma merlette rieuse, ma symphonique

 

Quand tu ris
J’entends parler la poudre
Je voudrais… Je voudrais m’y dissoudre

Dans ton rire
Un départ de trompette
Un pétard dans ma chambrette

Quand tu ris
Tu testes les aiguës
Quelle diva… J’en suis tout éperdu

Dans ton rire
La bise et l’ouragan
La blessure et l’onguent

Tu es ma cascadeuse des zygomatiques
Ma merlette rieuse, mon harmonique

Quand tu t’marres
C’est comme si 100 fêtards
Rameutaient… Rameutaient la fanfare

Quand tu glousses
Les tambours de la brousse
Martèlent… Martèlent à la rescousse

Quand tu pouffes
C’est un fameux barouf
Une espèce de grand plouf

Quand tu ris
T’aspires l’instant présent
Je savoure le moment

Quand tu ris,
Quand tu ris, je ris


(Maquette avec Fidius Grimbeur)


Dimanche matin

 

Dimanche matin vers midi
C’est l’heure de l’amour au lit
Des paresses alanguies
Des caresses endormies

Le soleil par les volets
Annonce une journée radieuse           
Le sommeil a des attraits
Dans la couette tu te creuses

Tant pis pour toi Douce Heureuse
Je découvre tes paupières
Il n’est plus temps de berceuse
Mais de joutes à 2, altières
Et de valses amoureuses
 


Dimanche matin vers midi
On pense au p’tit déj’ aussi
Que me susurre ma Chérie
Crois-tu qu’à la boulangerie

Ils pourraient avoir y encore
Quelques croissants aux amandes
Même si j'aurai des remords
Ceci dit sans qu’je te commande

Tant pis pour toi Savoureuse
Je te quitte à ta demande
Pour 10 minutes envieuses
Ce sera ma prime offrande
A tes mirettes en amande

 

Dimanche matin vers midi
Demain ce sera d’jà lundi
On occulte ce souci
Encore une après-midi.

Tu me dis c’est dur la vie
Je réponds oui mais quand même
Ça pourrait être bien pis
Regarde, je suis là, je t’aime

Tant mieux pour toi Valeureuse
Je serai ton inertie
Dans la ronde aventureuse
Prends-moi comme point d’appui
Je t’en prie

Je t’en prie



T'es comme

A vrai dire, elle n'a pas été écrite comme une chanson d'amour... mais elle s'y prête bien ne serait-ce que par le choix des 2 derniers vers.

 

T’es comme un arrosoir
Qu’il faut remplir souvent
Mais distribue l’espoir
Au quotidien des gens

T’es comme un grand miroir
Aux reflets rassurants
En creux l’on peut s’y voir
Un peu plus séduisant

T’es comme le chant du soir
Les cheveux dans le vent
Balai des idées noires
Pour jours plus alléchants
***
T’es comme une ample armoire
Où prendre des vêtements
Remiser ses mouchoirs
Et aller de l’avant

T’es comme un champ de foire
Paradis des enfants
Au milieu du foutoir
Fleurit l’enchantement

T’es comme l’eau du lavoir
Drainant les sédiments
Nous empêchant de choir

Dans la boue du présent

 

T’es comme une balançoire
De l’arrière en l’avant
En haut des trajectoires
Tu vois le monde en grand

T’es comme un fier manoir
Hanté mais accueillant
Au détour des couloirs
D’avenants revenants

Tu es une longue histoire
Au cours parfois changeant
Je voudrais bien y croire
Où es-tu je t’attends

 

 

Bonus (une strophe supplémentaire qui pourrait en remplacer une autre ;-) :
T’es comme un doux grimoire
Aux charmes envoutants
Dans tes pages ivoires
La sagesse des temps


(Maquette avec Fidius Grimbeur)


Le frisson


Fredonner ce frisson
Qui frise l’indécence
Doux phrasé d’une chanson
Farceuse effervescence

Flagorneuse volage
Le bleu des yeux dans le flou
Filou batifolage
Comme un refrain un peu fou

Fanfreluches ôtées
Frou-frou qui nous attise
Fanfarons foudroyés
Caresses friandises

 

Habits défaits, dévêtus 
Perfection qui nous fonde
Funambules et nus
Ma féminité monde

Futile et furibond
Frivole à en frémir
Ta peau stupéfaction
Phénomènes à désirs

Fragiles effrontément
Et s’affaler ensemble
Frénétiques amants
Frasques qui nous ressemblent
Rassemblent…



Le cœur mendiant

Le texte ci-dessous est une version (trop) longue d'une chanson qui a été nettement raccourcie pour les besoins de la mise en musique.

 

A chasser débraillé
Sous le couvert d’une forêt craquante
Ou sur l’asphalte immaculé
Un cœur à la palpite incandescente,
Encourt le risque effréné
D’une tierce rencontre titubante
Quand l’âme sœur est apprêtée 
Qu’elle chaloupe une fesse obligeante
Le cœur surpris cœur suffoqué

Et si le cœur tendit
Son arc vers un mouvement de hanche
Et si le cœur mendie
Qu’au moins il ne fasse pas la manche
Et si le cœur est gris
Brouillard à découper en tranche
Et si le cœur est pris 
Il revêt l’habit du dimanche
Si le cœur mal appris
Le saut de l’ange sur la planche
Le cœur a l’égérie
Gravée au profond de la branche
Et le cœur a bâti
Cependant garde qu’il ne flanche
Vraiment il s’y prend comme un manche

Car tout estomaqué
A corps perdu il réclame l’amante
A cœur ouvert est opéré
Pour ôter la flamme sanguinolente
Et en gage la présenter
Trop preste l’âme sœur est exigeante
Et plus souvent vous rit au nez
En mouchant espoirs et larmes naissantes
Le cœur serré désespéré

Refrain


Enfin prise aux filets
L’âme sœur n’en est pas moins turbulente
Frisant l’infarctus endiablé
Hors de la cage thoracique elle tente
De s’échapper à tout jamais
Et c’est une blessure déchirante
Qui finira par achever
Un cœur balloté pris dans la tourmente
D’un amour fou et cafouillé
  
Refrain

...

Cependant garde qu’il ne flanche
Vraiment il s’y prend comme un manche



Tandem

Il s'agit d'une 2ème version très remaniée sur le thème du vélo à deux places - la 1ère ayant été mise en musique, celle-ci non - qui s'inscrivait par ailleurs dans un "triathlon" loufoque avec Jogging et Les Nageurs.

 

Tandem notre étrange voyage
Décalage rétropédalage
Quand l’un est en danseuse
L’autre la joue valseuse
La route en devient sinueuse

Je trouve la situation
Aussi grinçante que la chaine
Qui cui-cuite sur son sillon
Dérouillant comme une âme en peine

Voilà une heure que derrière toi
Je te suis à distance égale
Toi l’éclaireuse, moi le sherpa,
Tu me tends ton dos qui me raille
Mais je peux toujours pédaler
Jamais je n’ te dépasserai
 
Qui de nous 2 a eu l’idée
Déjà d’emprunter ce tandem
STP préviens quand tu freines
 
Refrain

Laissez-lui donc le guidon
M’a dit le gars d’la location.
Ça vous facilitera l’aplomb…
D’accord...

Les premiers tours de roue
Eurent tout du cheval à bascule
Quand je compense au bord du trou
Ne joue donc pas les funambules

A vélo l’équilibre à deux
Ça demande un peu de doigté
Du sang-froid, de la poudre aux yeux
De la complémentarité
Et puis surtout ce qu'il faudrait
Que l'on soit deux à pédaler

Qui de nous 2 a eu l’idée
Déjà d’enfourcher ce tandem
Dis voir je crois bien qu’on se traine

Qui de nous 2 a eu l’idée
Déjà d’une ballade en tandem
Dis voir je crois bien que je t’aime

Refrain



Nos sinusoïdales

Qui a dit que les maths et la vie de couple ne faisaient pas bon ménage ?

 

Nos existences font des courbes
Entre des très hauts et très bas
Entre l’euphorie et la tourbe
Des maelströms au nirvana

Ainsi que la tectonique trace
Des ondes sur le sismographe
Nos emportements nous terrassent
Ou nos exaltations décoiffent

A l’occasion nos courbes se croisent
Je te propose des rendez-vous
Pour mieux étalonner la toise
Pour atteindre à 2 le Pérou

Harmonisons nos sinusoïdales
En fréquence et en pulsation
Lissons-les à l’horizontale
Toujours dessus la ligne de flottaison
Et si l’permet l’embarcation
Levons les voiles vers l’intersidéral

Suspendus comme des parapentes
Entre les sommets et tréfonds
Pruniers secoués par la tourmente
Il faut affermir l’horizon

Je te suis dans les ascendances
Maintiens-moi dans les turbulences
Tandis que je garde le cap
Si tu dévies je te rattrape

Ainsi dans l’espace euclidien
Bien coordonnées nos abscisses
Synchroniseront nos destins
Et nous préviendront de l’abysse

Harmonisons nos sinusoïdales
En fréquence et en pulsation
Lissons-les à l’horizontale
Toujours dessus la ligne de flottaison
Et sur le pont d' l’embarcation
Levons les voiles vers l’intersidéral



Lavomatic

C'était avant de disposer d'une machine à laver !

 

Quel meilleur endroit qu’un Lavomatic
Pour un bout de rencontre romantique.
Cliquètent les machines automatiques
Dans les odeurs de lessives asthmatiques

Deux fois le mois, c’est la même musique
Je vais sagement au Lavomatic
A fixer béat le rythme hypnotique
Du linge qui tourne, un brin pathétique

Le linge tourne, tourne, tourne en rond
Dans le lavomatic, le lavomatic

Tu es entrée sans te manifester
Tu m’aurais bien laissé à mes pensées
Mais portée par un besoin de monnaie
Il a fallu songer à m’aborder

Quel abruti ! Je lui ai procuré
Évidemment les pièces que j’avais
En prévision de mon linge à sécher.
Et pourtant l’ai-je vraiment regretté ? (Oh non)

Le linge tourne, tourne et lave en rond
Dans le lavomatic, le lavomatic

La fillette n’était jamais venue
Laver ses culottes ainsi dans la rue
Galant, j’ai aidé la belle ingénue
A tout régler et je l’ai attendue

Il faut dir’ qu’à caus’ d’ell’ mes slips trempés
Désespéraient d’être déshydratés.
Ça valait bien d’être récompensé
Par un sourire ou encore un baiser (oh oui)

(Je dois le souligner
Tu n’y a pas manqué)

J’ai toujours pensé qu’un Lavomatic
Pour une rencontre est un lieu unique

Le linge tourne, lave et rince en rond.
Dans le lavomatic, le lavomatic,…



La fleur bleue

Parmi les 3 premières chansons que j'ai écrites. Inspiré du poème de Sully Prud'Homme : "Le vase où meurt cette verveine / D’un coup d’éventail fut fêlé".

 

Ce matin j’ai décidé d’enterrer la fleur bleue
Que mon cœur essayait de faire pousser
Sur le terreau un peu amer de mes amours transis
Contenu dans l’vase de ma vie qu’un coup d’éventail a du fêler

N’y touchez pas, il fuit, il est brisé
La fleur bleue s’est desséchée
Elle m’a bien crié de l’arroser avec autre chose que des regrets
J’ai pas trouvé ou pas cherché d’quoi mieux la cultiver

Pour les funérailles j’avais convié
L’aréopage de mes rêves envolés
La troupe des espoirs mort-nés, les coups de foudre manqués
Et puis tous les démons du passé se sont invités

Une nuée de démons taquins et rigolards, c’était horrible

 

Sur le cercueil de ma fleur trépassée
Oh ils ont bien ricané
Aussi lorsqu’ils se sont penchés sur la fosse pour mieux profiter
Je les poussé, piétinés, enterrés

 

La fleur bleue et les démons du passé enfouis ensemble, ahaha, c’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups

Débarrassé je suis rentré satisfait
Sur le marbre de la stèle j’ai fait marquer
« Ci-git la fleur bleue qu’hier encore mon cœur enserrait
Dans une gangue insupportable de romantisme éculé »

Mais bon, on pas non plus éternellement s’empêcher de rêver…
Alors…

Mon cœur était vide la fleur bleue manquait.
Me recueillir sur sa tombe ch’uis retourné.
Et dans la terre, la fleur bleue repoussait, se multipliait
Tout un bosquet ! Plus possible de désespérer !

Du plus profond des trous noirs
Renaît toujours l’espoir…



Dormir avec toi

Toi que j’écoute dormir maintenant
Tout contre moi l’air apaisée
Crois tu que nous serons longtemps
A deux, à rire, à s’accorder
A vivre ensemble et à s’aimer ?

A la poursuite de tes rêves
Je voudrais te rejoindre aussi
Participer à cette trêve
Intime du fond de la nuit.

L’inconscience est un bon abri
Indifférents à tous ennuis
A Tout c’qui trouble l’harmonie
Des cœurs amis, des cœurs à nous
Qui sont si fragiles et si fous

Toi qui souris dans ton sommeil
Tout contre moi en soupirant
Crois tu que longtemps les merveilles
Soufflées par l’amour balbutiant
N’auront jamais de dénouement ?

Minuit c’est aussi l’heure du doute
L’avenir n’est pas qu’une promesse.
Vois tous ces amours en déroute
Le nôtre est-il une forteresse ?

Pourtant tu as l’air si confiante
Même en dormant tu tiens ma main
Serrée sur ton cœur. Rassurante,
Tu crois pour deux et en demain
Je te suivrai sur ce chemin

Toi que j’aurais cru plus innocente
Comment as-tu pu m’inviter
Dans ta vie sur des voies errantes ?
Comment pourrai-je te remercier…
Sinon t’aimer, sinon t’aimer…
Sinon t’aimer…